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Témoignage : l'impact du COVID sur les populations vivant avec le VIH au Togo

Dans les mois à venir Human Dignity vous fera rencontrer des défenseurs des droits de l’homme qui promeuvent et protègent les droits de différents groupes vulnérables face au COVID-19

Nous avons eu le plaisir d’échanger avec Mme Kolani du Togo qui défend les droits des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Son interview est la première d’une série pour mieux comprendre l’impact du COVID-19 sur les personnes les plus vulnérables.  

 

KOLANI TOTINE, Directrice Exécutive de l'ONG IFD (Initiative Féminine pour le Développement)

Membre de la Plateforme Régionale Lomé Commune des Organisations de Lutte contre les IST, le VIH/le Sida et de Promotion de la Santé au Togo 

 

Quel est le pourcentage de la population vivant avec le VIH; combien d’entre elles reçoivent un traitement antirétroviral ?

Le Togo fait partie des pays à épidémie de type généralisé avec une prévalence moyenne du VIH de 2,5% au niveau national (EDS-T III 2013-2014) qui a passé à 2,1% en 2017(Estimation, Spectrum, 2017). Au Togo, le traitement antirétroviral (ARV) est gratuit pour tous. Le nombre de PVVIH adultes et enfants sous ARV en fin 2017 s’élèverait à 59 752 d’après le rapport annuel 2017 du Plan National Stratégique de Lutte contre le Sida (PNLS).

Quelle était la situation des PVVIH avant la pandémie de COVID-19, y compris les difficultés que ces personnes avaient d’accéder à leurs droits économiques, sociaux et culturels et en particulier le droit à la santé ?

Avant la pandémie, c’est vrai que la situation des PVVIH n’était pas rose même si nous reconnaissons que des efforts ont été faits par l’Etat à travers le PNLS  et le CNLS (Comité National de lutte contre le Sida) et les organisations de la société civile. On note, en particulier, le problème de la malnutrition aiguée des PVVIH dans les centres.

3) Comment la pandémie de COVID-19 affecte et affectera les PVVIH et leurs droits économiques, sociaux et culturels ? L’État togolais a-t-il pris des mesures ciblées pour protéger les DESC des PVVIH pendant la pandémie, notamment pour assurer la disponibilité et l’accès aux services liés au VIH pendant la pandémie ?

Déjà nous savons très bien que les personnes vivant avec le VIH et/ou d’autres maladies chroniques comme la drépanocytose, le diabète, sont les personnes les plus exposées face à la pandémie du COVID-19 avec leur système immunitaire déjà faible. Au Togo, jusqu’ici les PVVIH continuent à bénéficier de la gratuité des ARV dans les centres de prise en charge et aucune rupture n’a été signalée depuis le début de la pandémie du COVID-19 jusqu’à ce jour. Les partenaires qui accompagnent le Togo comme le Fonds Mondial de Lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose surtout pour la fourniture des antirétroviraux continuent à le faire. Par contre, on a remarqué la réticence des patients à aller chercher leurs traitements à cause de la crainte liée au COVID-19. C’est plutôt cette attitude que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce car elle risque d’aggraver la situation des PVVIH. A cet égard, le PNLS a fait sortir une note circulaire invitant à donner trois mois de traitement aux PVVIH (Ref : PF/OSC/ VIH/ Santé- Togo/110/2020). Ainsi, les PVVIH au Togo ont reçu leurs traitements pour les trois mois à venir. Par ailleurs, environs 70% des PVVIH vont bénéficier du programme d’aide sociale du gouvernement qui appuiera les personnes les plus démunies au cours de la crise. Le CNLS a également donné 5 millions de CFA (~7620 euros) au réseau des organisations de la société civile qui représentent les PVVIH.